BEN SLIMANE A.*  GHARIANI Ch.**

Introduction

Le médicament est une substance étrangère à l'organisme humain qui est prise, dans la plupart des cas, par la bouche au même titre que les aliments et suit le même trajet dans le tube digestif.

Contrairement aux aliments, le médicament est doté d'une mission précise et ponctuelle dans l'organisme et de ce fait ne veut aucunement être gêné par une compagnie parfois "contrariante" voire "handicapante".

Une meilleure connaissance des interactions aliments - médicaments nous permettra de classer ces derniers en trois catégories: les copains, les hostiles et les modérés.

Le pharmacien et le préparateur jouent un rôle vital à cet égard, rôle qui doit associer deux actions conjointes et inséparables dans toute dispensation de médicaments:

- La livraison physique du médicament au patient avec une marge d'erreur avoisinante de zéro.

- La présentation d'une manière claire et exhaustive de conseils sur l'utilisation de ce médicament.

Il est à rappeler que les conditions d'administration d'un médicament peuvent influencer son efficacité et sa toxicité. Dans ce sens, l'association médicament - aliment est à considérée avec beaucoup de vigilance car, si dans la majorité des cas elle est sans incidence sur le cours d'une thérapie, dans d'autres circonstances elle peut la perturber âprement.

Niveaux d'actions des aliments

L'aliment possède un domaine très vaste pour agir. Ce domaine commence au niveau des organes d'absorption et prend fin dans les organes d'élimination. Déjà dans la bouche peuvent commencer les interactions. Le tube digestif présente une succession de milieux de natures très variées avec des caractéristiques chimiques différentes. Au cours de leur passage dans ce tunnel, le médicament et l'aliment subissent les actions spécifiques de ces milieux qui sont susceptibles de déclencher des interactions. Généralement ces interactions perturbent un ou plusieurs paramètres de l'absorption et modifient par conséquent la biodisponibilité du médicament. Parmi ces paramètres on peut citer l'état d'ionisation ou de solubilisation des principes actifs, le temps de résidence gastrique, la vitesse du péristaltisme intestinal, l'accès aux sites d'absorption, la disponibilité des transporteurs (en cas de transport actif) etc. La concentration maximale du médicament dans le sang  (Cmax) et le temps au bout duquel le médicament atteint sa Cmax (Tmax) se trouvent ainsi plus ou moins contrariés. L'aventure continue aussi dans le sang et là d'autres phénomènes peuvent prendre la relève. Bien que les interactions dans le sang soient relativement moins fréquentes, elles sont parfois plus graves. La vigilance s'impose avec les aliments contenant de l'alcool, de la caféine ou de la vitamine K lorsqu'ils sont administrés à des médicaments bien définis. D'autres aliments sont à craindre aussi car ils sont capables de perturber certaines fonctions organiques touchant le métabolisme ou l'élimination de certains médicaments.

Différents types d'interactions

La nature de ces interactions est très variée. Toutefois, on peut citer les principaux modes d'action: a. L'aliment peut toucher directement le médicament par des réactions physico-chimiques. Exemple: réactions acides-bases, changement du pH, liaisons chimiques, chélation, etc. b. L'aliment peut toucher indirectement le médicament en modifiant les fonctions de certains organes de l'organisme. Exemple : augmenter ou diminuer le péristaltisme intestinal, augmentation de la sécrétion acide de l'estomac, modification de la diurèse etc. c. L'aliment peut exercer un effet pharmacodynamique antagoniste à celui du médicament. Exemple : le sel alimentaire avec les antihypertenseurs, le sucre avec les antidiabétiques, les aliments riches en vitamine K avec les AVK, etc. Certaines remarques méritent d'être rappelées à cet effet:

  • Les médicaments les plus influencés par la présence d'aliments sont ceux à marge thérapeutique étroite, c'est-à-dire dont la limite entre le seuil thérapeutique et le seuil toxique est très faible, et ceux qui présentent une biodisponibilité faible ou moyenne.
  • Prendre un médicament l'estomac vide ou à jeun signifie qu'il faut le prendre environ une heure avant ou deux heures après un repas.

-------------------

* Pharmacien officinal – Klaâ Kebira – SOUSSE
** Préparateur Hôpital Sahloul - SOUSSE

Les facteurs qui influencent la pharmacocinétique des médicaments

  • En général, boire en abondance de l'eau avec les médicaments facilite l'absorption de ces derniers. Par contre, dans la majorité des cas, manger en abondance au moment de la prise d'un médicament per os, ralentit la vidange gastrique et retarde son absorption.
  • La composition des repas modifie l'absorption des médicaments. Les aliments chauds (solides ou liquides), acides, épais ou visqueux, riches en lipides ou en protéines, à forte teneur en sodium ou en saccharose, retardent la vidange gastrique.
  • Les lipides ont tendance à diminuer la sécrétion acide gastrique et augmenter la sécrétion biliaire, par contre, les protéines ont tendance à augmenter la sécrétion acide gastrique et le flux sanguin splanchnique modifiant ainsi l'absorption de certains médicaments.
  • Certains aliments en faisant varier le pH urinaire, peuvent modifier l'élimination rénale de certains médicaments. En effet, le pH urinaire influence l'élimination et la réabsorption de médicaments acides ou bases faibles en modifiant leur degré d'ionisation. Il en résulte une meilleure réabsorption tubulaire prolongeant ainsi l'effet de ces médicaments.
  • L'alcool, lorsque sa concentration intra-gastrique est supérieure à 20%, induit un spasme pylorique et ralentit la vidange gastrique, retardant l'absorption de certains médicaments. À l'opposé, il peut favoriser l'absorption des médicaments liposolubles comme les benzodiazépines.

Exemples d'interactions aliments - médicaments

Exemple 1 : pH GASTRIQUE

L'arrivée du bol alimentaire dans la cavité gastrique augmente le pH gastrique, modifiant ainsi l'état d'ionisation et/ou de solubilisation des principes actifs, ce qui aura pour effet de diminuer l'absorption des acides faibles (par exemple, acide acétylsalicylique ASPIRINE ®, sulfamides BACTRIM ® DAONIL ®, lithium TERALITHE ®) et de favoriser celle des bases faibles (par exemple, quinidiniques HYDROQUINIDINE, amphétamines). Les acides labiles (pénicillamine, érythromycine) sont particulièrement sensibles aux variations du pH  et un repas peut leur faire perdre jusqu'à 50% de leur biodisponibilité.

Exemple 2 : Aliments riches en lipides

L'arrivée d'une grande quantité d'aliments dans l'intestin grêle (surtout repas riches en lipides) ralentit le péristaltisme intestinal, favorise la dissolution de certains principes actifs, et stimule la sécrétion biliaire, augmentant ainsi la biodisponibilité de certains médicaments liposolubles (griséofulvine GRISEOFULVINE ®, ciclosporine SANDIMMUM ®, phénytoine DI-HYDAN ®, carbamazépine TEGRETOL ®…). La biodisponibilité de l'albendazole Z ZOLE ® ZENTEL ®, un vermifuge courant, est quadruplée par un repas riche en graisses, ce qui n'est pas souhaitable si l'on désire une action locale.

Exemple 3 : aliments riches en calcium ou en fer

La formation de chélates insolubles non absorbables par association entre des cations métalliques comme le calcium, le magnésium ou le fer et des tétracyclines ou des fluoroquinolones OFLOCET ®. Un aliment riche en calcium ou en fer diminue l'absorption et la biodisponibilité de la tétracycline METACYCLINE ® ou l'oxytétracycline OXYTETRACYCLINE ® TERRAMYCINE ® de près de 50 %. La doxycycline VIBRAMYCINE ® n'interagit pas avec les aliments. Par contre la ciprofloxacine SIFLOKS ® CIPRO ® et la norfloxacine NORACIN ® peuvent voir leur biodisponibilité diminuée respectivement de 30% et 50% après l'ingestion de produits laitiers.

Exemple 4 : Aliments riches en protéines

Ils augmentent l'absorption de certains principes actifs (propranolol AVLOCARDYL ®, métoprolol LOPRESSOR ®, labétalol TRANDATE ®) en augmentant le flux sanguin splanchnique et hépatique, diminuant par ce biais l'effet de premier passage hépatique. La biodisponibilité du médicament se trouve par conséquent améliorée. Inversement, le repas riche en protéines diminue l'absorption de certains médicaments comme la lévodopa MODOPAR ® en limitant l'absorption passive et active de ces médicaments par effet barrière pour le premier cas et par compétition avec les principes actifs au niveau de leurs systèmes de transport dans le deuxième cas.

Exemple 5 : Aliments riches en vitamine K

Les aliments riches en vitamines K (choux, avocat, laitue, brocolis, épinards, navet, persil, abats, foie...)  peuvent être à l'origine d'une variation du taux de prothrombine chez les patients traités par les anticoagulants oraux (acénocoumarol SINTROM ®), donc ils sont responsables d'une diminution de l'efficacité du traitement qui se traduit par un état d'hypercoagulabilité induit par un excès d'apport en vitamine K et par conséquent d'un risque accru de thromboses. Pour les éviter, l'apport journalier en vitamine K doit être relativement stable. Des recommandations afin d'éviter une consommation excessive d'aliments riches en vitamine K devront être fournies aux patients sous AVK.

Exemple 6 : Aliments riches en caféine

Il est fortement déconseillé de consommer de la caféine (café, thé, soda) lors d'un traitement à base d'antibiotiques (énoxacine ENOXOR ®, ciprofloxacine SIFLOKS ® CIPRO ® et  norfloxacine NORACIN ®) ou de la théophylline. En effet, Ces antibiotiques gênent l'élimination de la caféine et peuvent donc conduire à un surdosage en caféine qui se traduit par une excitation, des palpitations, des tremblements, des sueurs voire des hallucinations. D'autres parts, les effets secondaires de la théophylline (digestifs, neuro-psychiques, cardiaques...) peuvent être majorés par la consommation abusive de caféine, qui est aussi une base xanthique. L'ingestion d'halopéridol HALDOL ® avec du café ou du thé conduit à la formation de complexes insolubles, d'où perte d'effet. Le thé, grâce à ses tanins et bu en grandes quantités, diminue l'absorption du fer avec risque d'anémie.

Exemple 7 : Les agrumes

Les agrumes (citron, pamplemousse, orange, par ordre décroissant d'acidité) doivent être évités avec les anti-inflammatoires ou l'aspirine, sous peine de majorer voire de déclencher des brûlures d'estomac ou des reflux acides. Il est ainsi conseillé de prendre les anti-inflammatoires au milieu du repas, c'est-à-dire mélangés au bol alimentaire, pour limiter ces effets. Le jus de pamplemousse peut augmenter de façon importante l'absorption par l'organisme de médicaments tendant à faire baisser le taux de cholestérol dans le sang (ciprofibrate LIPANOR ®, fenofibrate  LIPANTHYL ®, atorvastatine TAHOR ® TORVA ®…). Cette augmentation peut multiplier par 15 l'absorption de la simvastatine REDULIP ® et provoquer des atteintes musculaires graves. En outre, la prise concomitante du jus de pamplemousse de façon régulière, avec les immunosuppresseurs préconisés contre les rejets de greffes (tacrolimus PROGRAF ®, ciclosporine SANDIMMUM ®...), peut endommager le rein. En revanche, le jus de pomme ou d'orange ne semblent pas provoquer des interactions avec les médicaments.

Exemple 8 : Les légumes riches en fibres

Les légumes riches en fibres retardent l'absorption de la digoxine DIGOXINE ® dans les 6 heures après la prise et diminuent de 28% la biodisponibilité de la phénoxyméthylpénicilline ORACILLINE ®. En présence de légumes, la biodisponibilité de la thyroxine LEVOTHYROX ® diminue par adsorption sur les fibres végétales.

Exemple 9 : Boissons alcooliques

L'alcool doit être évité avec plusieurs classes de médicaments. C'est le cas des tranquillisants (anxiolytiques de type benzodiazépines),  hypnotiques, neuroleptiques, certains antidépresseurs, analgésiques ou antitussifs à base de codéine, de tramadol, et certains médicaments antiallergiques. Pris conjointement avec ces médicaments, l'alcool peut provoquer une somnolence et réduire les réflexes. Ces effets peuvent avoir des conséquences dramatiques, notamment en cas de conduite automobile ou d'utilisation de machines. La consommation d'alcool avec les anti-inflammatoires ou l'aspirine peut être à l'origine de brulures d'estomac ou de reflux acides. L'effet antabuse généralement observé avec l'association au disulfiram, peut survenir aussi avec d'autres médicaments (métronidazole, céphalosporines, sulfamides hypoglycémiants, etc.)

Autres exemples

  • Le thon peut provoquer des manifestations aiguës de type allergique chez les personnes traitées par l'isoniazide.
  • Les aliments cuits sur charbon de bois favorisent l'élimination des bronchodilateurs (théophylline et dérivés), ce qui nuit à leur efficacité.
  • Les fromages fermentés peuvent provoquer des crises d'hypertension artérielle paroxystique chez les patients recevant des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), un antidépresseur très largement utilisé autrefois.
  • L'association de tétracyclines et d’aliments riches en vitamine A peut être responsable de céphalées et de signes d'hypertension intracrânienne.
  • La consommation de réglisse ou de glycerrhizine  contenue dans certaines boissons peut exposer au risque d'hypokaliémie et de troubles du rythme chez les sujets traités par anti-arythmiques ou diurétiques hypokaliémiants.
  • Souvent sous-estimé, l'apport en sodium par les eaux fortement minéralisées ou les biscuits, devra être pris en compte chez les patients recevant des diurétiques, des corticostéroïdes ou des digitaliques.

Exemple particulier

En cas de dénutrition protéino-énergétique, la diminution de l'albuminémie augmente la fraction libre des médicaments et expose aux risques de surdosage et d'interactions médicamenteuses.

En outre, la chute de la concentration plasmatique des protéines de transport (comme l'albumine) modifie la distribution de certains médicaments. En effet, les protéines de transport de médicaments fixent les acides gras libres dont la concentration, élevée à jeun, diminue après les repas. On peut donc observer à jeun une diminution de la fixation albuminique des médicaments acides faibles par phénomène de compétition avec les acides gars libres.

Ces risques concernent plus particulièrement les médicaments à forte affinité pour l'albumine (comme l’acide méfénamique, les salicylés, probénécide, chlorpropamide, clofibrate, acide nalidixique, acide étacrynique, acénocoumarol, phénytoine, méthotrexate, thiopental…) et les sujets âgés en raison de la prévalence élevée de la polymédication et de la dénutrition dans cette tranche d'âge.

Conclusion

A l'exception des interactions aliments-médicaments qui concernent le sel avec les antihypertenseurs et le sucre avec les antidiabétiques, les autres interactions sont de loin moins connues. Les risques d'une alimentation inadéquate lors d'un traitement médicamenteux peuvent être réels voire modifier le pronostic vital du malade.

À cet égard, les effets des aliments sur les médicaments devront être pris en compte quand la marge thérapeutique est étroite. Afin d'optimiser l'effet pharmacologique, des recommandations devront être formulées quant au choix de l'horaire de la prise médicamenteuse le plus favorable par rapport au repas. Une étude menée à l'hôpital SAHLOUL de Sousse au début de l'année 2009 chez le personnel paramédical et qui a touché 76 infirmiers a révélé que 85% des sujets interrogés savent que des interactions aliment-médicament peuvent exister, mais la grande majorité des questionnés ignorent ces interactions. A notre avis, les préparateurs en pharmacie, eux aussi, derrière le comptoir, n'ont pas tous le reflexe "d'offrir" les conseils nécessaires pour l'utilisation adéquate des médicaments.

Dans ce volet, notre personnel mérite une formation continue pour donner la plus value escomptée et développer l'éducation sanitaire en matière de médicaments.

Bibliographie

  1. BOUTIN-PANNETIER MS. - Influence de l'alimentation sur la biodisponibilité des médicaments. Thérapie 1986; 41 : 397-402.
  2. LE MONDE : Médicaments et aliments : éviter les mauvais mélanges 14/10/2008
  3. Pharma-flash : volume 29, N°5, 2002
  4. Rapport de L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) : Paris 15/10/2008.
  5. SAULNIER J.L. - Médicaments et aliments in GIROUD Pharmacologie clinique. Seconde édition       (1988), pages 237-248.
  6. SCHLIENGER JL ; GOICHOT B. - Interaction entre le régime alimentaire et les anticoagulants oraux. Concours Médical 1977 ; 119-04 : 226-228. (d'après Schlienger JL ; Goichot B. -Concours Médical 1997 ; 119-04 : 226-228.)
DCI / CLASSES EXEMPLES DE SPÉCIALITÉS TYPE D'INTERACTION AVEC L'ALIMENTATION MODALITÉ DE PRISE
Sulfamides Sels de lithium Pénicillamine Érythromycine BACTRIM®, DAONIL® TERALITHE® ARTAMIN® ERYTHRO® ABBOTICINE® Diminution de l'absorption suite à l'augmentation du pH gastrique (par l'arrivée dans l'estomac du bol alimentaire) modifiant ainsi l'état d'ionisation et/ou de solubilité des principes actifs acides faibles ou labiles. Prendre le médicament loin des repas avec un grand verre d'eau.
Salicylés Acide acétylsalicylique ASPIRINE® Diminution de l'absorption suite à l'augmentation du pH gastrique (par l'arrivée dans l'estomac du bol alimentaire) modifiant ainsi l'état d'ionisation et/ou de solubilité des principes actifs acides faibles ou labiles.  Brûlures d'estomac, reflux acides en cas d'ingestion d'agrumes (citron, pamplemousse, orange…) ou d'absorption de boissons alcooliques. Prendre le médicament loin des repas avec un grand verre d'eau sauf en cas d'estomac "fragile".
Quinidiniques Amphétamines HYDROQUINIDINE® Augmentation de l'absorption suite à l'augmentation du pH gastrique (par l'arrivée dans l'estomac du bol alimentaire) modifiant ainsi l'état d'ionisation et/ou de solubilité des principes actifs bases faibles. Prendre le médicament de préférence au moment des repas.
Griséofulvine Phénytoine Carbamazépine Albendazole (action locale) GRISEOFULVINE® DI-HYDAN® TEGRETOL® TAVER® CARBATOL® Z-ZOLE®, ZENTEL® Augmentation de l'absorption des principes actifs liposolubles pris avec un repas riche en lipides à cause du ralentissement du péristaltisme intestinal par le repas. Prendre le médicament de préférence avec un repas riche en lipides.
Ciclosporine Tacrolimus SANDIMMUM® PROGRAF® Augmentation de l'absorption des principes actifs liposolubles pris avec un repas riche en lipides à cause du ralentissement du péristaltisme intestinal par le repas. La prise de jus de pamplemousse peut endommager les reins. Prendre le médicament de préférence avec un repas riche en lipides.. Éviter le jus de pamplemousse.
Lévodopa MODOPAR® Diminution de l'absorption par limitation de la diffusion passive et active du médicament en cas de prise d'un aliment riche en protéines. Prendre le médicament loin des repas.
Tétracyclines Tétracycline Chlortétracycline Oxytétracycline METACYCLINE® ORECYCLINE® OXYTETRACYCLINE® Diminution et chute de l'absorption par formation de chélates insolubles non absorbables en présence d'aliments riches en cations métalliques (calcium, magnésium, fer…). Apparition de céphalées et de signes d'hypertension intracrânienne en cas de prise d'aliments riches en vitamine A. Éviter la prise concomitante de produits laitiers ou autre aliment riche en calcium ou en fer : sardines en conserve…
Fluoroqinolones Ciprofloxacine Norfloxacine Ofloxacine CIPRO® SIFLOKS® CIPROLON® NOROXINE® NORACIN® OFLOCET® GAMOFLO® Diminution et chute de l'absorption par formation de chélates insolubles non absorbables en présence d'aliments riches en cations métalliques (calcium, magnésium, fer…). Ces médicaments gênent l'élimination de la caféine (café, soda, thé…) conduisant à un surdosage qui se traduit par: excitation, palpitations, tremblements, sueurs et hallucinations. Éviter la prise concomitante de produits laitiers ou autre aliment riche en calcium ou en fer : sardines en conserve… Réduire la consommation de thé et de café durant le traitement.
Propranolol Métoprolol Labétalol AVLOCARDYL®  NORMOCARDIL® LOPRESSOR®  VASOCARD® TRANDATE® Augmentation de l'absorption par augmentation du flux sanguin splanchnique en cas d'ingestion d'un repas riche en protéines. Prendre le médicament de préférence au moment des repas.
Acénocoumarol SINTROM® Diminution de l'effet du médicament en cas d'ingestion d'aliments riches en vitamine K (choux, avocat, laitue, épinards, brocolis, navet, persil, abats, foie…) par antagonisme compétitif de la vitamine K. Consommer les aliments contenant de la vitamine K avec parcimonie (une portion par jour) et ne pas modifier soudainement ses habitudes alimentaires en augmentant ou en cessant toute consommation.
Théophylline THEOPHYLLINE® Majoration des effets indésirables de la théophylline par association à un aliment riche en caféine (café, thé, soda…). Diminution de l'effet en cas d'ingestion d'aliments cuits sur charbon de bois. Réduire ou mieux éviter de consommer le thé, le café et le soda riche en caféine si l'asthme est traité par la théophylline.
Halopéridol HALDOL® Diminution de l'absorption par formation de complexes insolubles en cas de prise d'aliments riches en caféine (thé, café…). Réduire la consommation de thé et de café durant le traitement.
Fer FUMAFER® FERROSTRANE® TARDYFERON® HYMOFER® Diminution de l'absorption par formation de complexes insolubles en cas de prise d'une grande quantité de thé ou de lait. Réduire la consommation accrue du thé et éviter la prise concomitante de produits laitiers.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens INFLAMYL® IBUPHIL® KETOFEN® FELDENE® PROFENID® NIFLURIL® Brûlures d'estomac, reflux acides en cas d'ingestion d'agrumes (citron, pamplemousse, orange…) ou d'absorption de boissons alcooliques. Prendre les AINS au milieu des repas. Boire un grand verre d'eau.
Anticholestérols Ciprofibrate Fenofibrate Atorvastatine Simvastatine LIPANOR® LIPANTHYL® ANTILIP® TAHOR® ATOR® TORVA® ZOCOR® REDULIP® LIPICARD® VASCOR® Augmentation parfois excessive de l'absorption en cas de prise de jus de pamplemousse. Éviter de prendre le jus de pamplemousse 2 heures avant la prise du médicament. Réduire la consommation à 1/4 de litre par jour.
Digoxine DIGOXINE® Retard de l'absorption du médicament en cas de prise d'un repas riche en fibres végétales (légumes). Les aliments salés diminuent l'effet de la digoxine Diminuer l'apport en sel de sodium. Attention aux eaux fortement minéralisées.
Phénoxyméthylpénicilline L-thyroxine ORACILLINE® OSPEN® LEVOTHYROX® Diminution de l'absorption en cas de prise d'un repas riche en fibres végétales (légumes). Prendre le médicament de préférence loin des repas.
Anxiolytiques Hypnotiques Neuroleptiques Anti-histaminiques Analgésiques avec codéine Anti-tussifs avec codéine VALIUM® TRANXENE® LEXOMIL® STILNOX® LARGACTIL® NOZINAN® PIPORTIL® ALLERGICA® ZYRTEC® PRIMALAN® CAFENOL® CODOLIPRANE® ALGISEDAL® PECTO 6® CALMATUX® EUPHON® Installation d'une somnolence et réduction des réflexes en cas d'absorption de boissons alcooliques. Arrêter les boissons alcoolisées notamment chez les conducteurs de véhicules ou les utilisateurs de machines.
Métronidazole Céphalosporines Sulfamides hypoglycémiants FLAGYL® PROTOGYL® OROKEN® MEGACEF® ORELOX® ORACEFAL® SAIFORAL® DAONIL® DIABENYL® AMAREL® IRYS® DIAMICRON® GLITRA® Apparition d'effet antabuse en cas d'absorption de boissons alcooliques. Éviter les boissons alcoolisées et boire en revanche beaucoup d'eau.
Isoniazide RIMIFON® NIAZID® ISONIAZIDE® Apparition de manifestations de type allergique en cas d'ingestion de thon. Ne pas exagérer dans la consommation du thon au cours du traitement.
Anti-arythmiques Diurétiques hypokaliémiants RYTHMODAN CORDARONE LASILIX® CHLOROTHIAZIDE® FLUDEX® Risque d'hypokaliémie et de trouble de rythme en cas de prise de réglisse ou d'aliments contenant la glycerrhizine Limiter ou bien abandonner la consommation de réglisse (bonbon, boisson anisée sans alcool) durant le traitement.
Les corticostéroïdes SOLUPRED® PREDNISONE® UNIDEX® CELESTENE® MEDROL® Le sel de sodium augmente les effets indésirables des corticoïdes notamment sur l'appareil cardio-vasculaire et développement des œdèmes. Appliquer un régime sans sel jusqu'à arrêt du traitement.