L’événement a finalement eu lieu. Le ministère de la Santé et le Conseil de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) ont signé le mardi 26 août une Convention de coopération consistant à s’engager dans des campagnes d’éducation et de sensibilisation sanitaires du citoyen tunisien à travers le réseau des officines qui couvre la république du nord au sud et d’est en ouest.

 

De nombreux représentants des Conseils régionaux de l’Ordre des pharmaciens de Gafsa, Gabes, Sfax, Sousse, Nabeul, Béja etc. ont fait le déplacement pour assister à l’événement.

Après avoir souhaité la bienvenue aux pharmaciens, le ministre de la santé, Dr Mohamed Salah Ben Ammar, a affirmé que la Convention signée entre le CNOPT et le ministère est « un vrai moment de bonheur » qu’il s’agit de traduire en action au bénéfice de la santé du citoyen. Celui-ci recevra « des messages forts » qu’il lira ou écoutera chaque fois qu’il fait son entrée dans une officine.

Le ministre a cité un certain nombre de sujets qui seront au centre des campagnes d’éducation et de sensibilisation : l’absence d’exercice physique, une tare commune à la plupart des citoyens tunisiens, et en particulier les citadins. L’obésité qui devient un fléau chez la femme tunisienne. La surconsommation de sucre et de sel. L’allaitement maternel. La lutte anti-tabac. La cigarette électronique. Les maladies transmissibles. La résistance des bactéries et des virus aux antibiotiques etc. Pour le ministre, « c’est une grande chance que le corps des pharmaciens s’implique dans les programmes d’éducation et de sensibilisation sanitaires. »

Prenant à son tour la parole, le président du CNOPT, M. Abdallah Jalel, a développé trois idées principales.

Tout d’abord, dit-il, il faut rompre avec l’idée reçue que l’officine est un simple endroit où l’on se procure les médicaments. L’officine devrait être aussi et surtout un centre d’éducation sanitaire.

La deuxième idée a trait aux faux médicaments. La Tunisie était l’un des rares pays immunisé contre les faux médicaments, mais malheureusement, elle a rejoint les pays qui souffrent de ce fléau. Le rôle du pharmacien est de protéger son métier et la santé du citoyen en s’opposant à ce trafic illégal par la sensibilisation des citoyens aux dangers que font peser ces médicaments douteux sur la santé.

Enfin, M. Abdallah Jalel a estimé que rien ne peut se faire sans l’adoption de lois appropriées qui rendent possible la poursuite des trafiquants de faux médicaments en justice.

MM. Mohamed Salah Ben Ammar et Abdallah Jalel ont procédé ensuite à la signature de la Convention qui comporte quatre articles.

Le premier article stipule que « le Conseil de l’Ordre des pharmaciens s’engage à intervenir auprès des pharmaciens du secteur privé en vue d’utiliser les espaces pharmaceutiques, et en particulier ceux des officines privées, à l’affichage des messages d’éducation sanitaire du ministère de la Santé, ainsi que la distribution de tout support rentrant dans cette mission. »

Le deuxième article stipule que « le ministère de la Santé s’engage à fournir un cadre explicatif aux missions et objectifs des différentes campagnes d’éducation sanitaire et à associer à l’échelle nationale et régionale les représentants de l’Ordre des pharmaciens aux commissions en charge de cette activité. »

Le troisième article stipule que « le Conseil National de l’Ordre des pharmaciens en tant que structure nationale s’engage à assurer l’entière coopération de ses Conseils régionaux et de l’ensemble du corps pharmaceutique à la réalisation des objectifs d’éducation sanitaire du ministère de la Santé. »

Enfin, le quatrième article stipule que « cette Convention est valable pour une durée de trois ans. Elle entre en vigueur à partir de la date de sa signature. Elle est renouvelée par tacite reconduction. Elle peut être résiliée par l’une ou l’autre des parties après une mise en demeure laissant une trace écrite adressée trois mois au moins avant son échéance. »